Aicha Duihi, la militante qui plaide la cause des séquestrés à Tindouf

– Par Adnane Abbou-

Laâyoune, 06/03/2020 (MAP) – Que ce soit à Genève, siège du Conseil des droits de l’Homme, à New York, QG de l’ONU ou au sein des institutions européennes à Bruxelles, la militante sahraouie Aicha Duihi enchaîne les déplacements pour défendre la marocanité du Sahara et mobiliser contre le calvaire des populations séquestrées dans les camps de la honte, à Tindouf en territoire algérien.

Elevée à l’amour de la patrie, elle s’est engagée dès sa tendre enfance dans le combat pour l’égalité homme-femme et pour le triomphe des droits de l’Homme.

Après de brillantes études à Laâyoune, Marrakech, Rabat et à Poitiers en France, sanctionnées par un diplôme d’études supérieures approfondies DESA en économie des organisations et d’un diplôme de l’Institut d’administration des entreprises, cette femme battante va se consacrer à la cause qu’elle portait toujours dans son coeur: Les droits de l’Homme.

Les réformes engagées par le Maroc pour solder le passif des violations des droits de l’Homme, pour l’émancipation de la condition de la femme et pour la démocratisation de son édifice institutionnel ont été saluées à travers le monde et ont fini par convaincre tous les militants des droits de l’Homme que ce pays arabo-africain est sur la bonne voie de la modernité et qu’il constitue une vraie exception dans son environnement.

« Toutes les instances de l’ONU et le Conseil des droits de l’Homme reconnaissent désormais les acquis et les réformes menées durant les dernières années par le Royaume, en particulier après l’adoption de la Constitution de 2011″, témoigne la présidente de l’Observatoire du Sahara pour la Paix, la Démocratie et les Droits de l’Homme.

Selon elle, l’expérience marocaine de justice transitionnelle, à travers l’action de l’Instance équité et réconciliation (IER), suscite l’admiration et la considération sur les plans régional, continental et international », tout comme l’interaction régulière du Royaume avec les mécanismes onusiens des droits de l’Homme, notamment l’Examen périodique universel.

Cette interaction fait du Maroc un pays leader dans la région MENA, ajoute ce membre fondateur du réseau « WE » des défenseurs des droits de l’homme en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Porte-voix des femmes et hommes opprimés à Tindouf, dans le sud algérien, elle s’interroge sur le silence de la communauté internationale face à la torture et aux violations systématiques des droits de l’Homme dans ces camps, qui sont devenues « une pratique courante du +Polisario+ », dénonce-t-elle.

Consciente de la forte interdépendance entre les questions des droits de l’Homme et le développement, son engagement moral envers sa région était présent dans ses choix, en consacrant une grande partie de sa carrière au travail associatif.

Pour défendre ses idées, elle a ainsi contribué à la création de nombreuses initiatives citoyennes et lancé de nombreux projets ciblant les enfants et la société civile.

C’est à ce titre qu’elle oeuvre pour le renforcement de la culture des droits de l’Homme dans les provinces du Sud et pour défendre d’autres causes qu’elle juge non moins importantes comme l’émigration et la traite des êtres humains.

Un parcours et un engagement qui lui ont valu de prestigieuses récompenses, dont le Prix européen pour le leadership féminin international au Parlement européen qui lui a été décerné en Belgique en 2019.