Rencontre régionale sur l’effectivité des droits culturels

Laâyoune – « L’effectivité des droits culturels, efforts de préservatif et perspectives de protection » a été au centre des débats lors d’une rencontre régionale élargie organisée, mardi au palais des congrès de Laâyoune, à l’initiative de la Commission régionale des droits de l’Homme de Laâyoune-Sakia El-Hamra (CRDH).

Cette journée d’étude s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) visant à suivre l’effectivité des droits humains, y compris les droits culturels.

En ouverture de cet événement, la présidente du CNDH, Amina Bouayach, a souligné l’importance d’aborder l’effectivité des droits culturels dans leurs diverses dimensions, ajoutant que cette question occupe une place centrale dans tous les avis que le Conseil a rendus au cours de ce mandat, que ce soit lors de la présentation de ses observations et recommandations à la Commission sur le nouveau modèle de développement (NMD), à l’occasion de la présentation de ses observations et priorités actuelles concernant la déclaration gouvernementale, ou encore au cours de l’élaboration de ses rapports thématiques liés au droit à la santé.

Mme Bouayach a jugé indispensable de faire du droit à la culture une base pour réaliser des projets de développement intégrés à même de combler le fossé des inégalités territoriales, créer de nouvelles sources de richesse, promouvoir l’emploi et encourager l’autonomisation des femmes et des catégories vulnérables.

Le plan de développement régional n’est pas seulement un dispositif technique pour la réalisation des infrastructures et équipements de base, mais il s’agit aussi d’un plan d’investissement dans la culture et de protection de la diversité culturelle, a-t-elle insisté, saluant le bilan positif en matière de mise en œuvre des politiques sectorielles concernant la promotion, la préservation et la protection de la culture hassani.

La présidente du CNDH a cité la création de supports médiatiques, deux radios régionales et une chaîne TV régionale, le grand boom en termes d’infrastructures culturelles dans les trois régions du Sud du Royaume, en plus de l’intérêt croissant pour la culture et la musique hassanis à travers l’organisation des festivals et le lancement des initiatives collectives et individuelles.

Miser sur l’effectivité de la culture hassani, l’un des affluents de l’identité nationale marocaine unie, comme porte d’entrée et base de développement nécessite plus que jamais la promotion, la diversification et de la généralisation d’infrastructures de base, a-t-elle fait observer, tout en appelant à l’adoption d’une nouvelle gouvernance des affaires culturelles qui renforce la convergence entre les différentes parties prenantes et le développement d’un mécanisme de financement entre les régions afin de valoriser la culture et en faire un levier pour améliorer l’accès aux secteurs sociaux et favoriser les voies de développement, l’autonomisation et l’inclusion sociale .

Mme Bouayach a également mis en avant l’important travail en cours d’inventaire, d’étude et de documentation des gravures rupestres dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, notamment dans la province d’Es-Semara, incitant les divers acteurs à renforcer la coopération et la coordination pour protéger et mettre en valeur ce patrimoine national et humain.

Pour sa part, le président du Conseil régional de Laâyoune-Sakia El Hamra, Sidi Hamdi Ould Errachid, a souligné la volonté de la Région de poursuivre son soutien aux projets et initiatives visant la promotion et la sauvegarde de la culture hassani dans toutes ses dimensions, dans le cadre de la mise en application du modèle de développement des provinces du Sud.

De son côté, le président de la CRDH de Laâyoune-Sakia El Hamra, Taoufik Berdiji, a noté que cette rencontre fait partie de la vision régionale qui donne l’opportunité à toutes les parties prenantes de présenter leurs visions sur le bilan de la mise en application des dispositions constitutionnelles relatives à la préservation et à la protection de la culture hassani.

Il s’agit aussi de faire le diagnostic des contraintes et des défis en la matière et d’identifier des perceptions et des méthodologies précises basées sur l’approche des droits de l’Homme pour préserver et protéger ce patrimoine culturel national, a-t-il fait remarquer.

Cette journée d’étude a été également l’occasion de présenter les meilleures pratiques dans ce domaine et d’évoquer les expériences les plus importantes des institutions, des conseils élus, des organisations de la société civile, des chercheurs et des créateurs dans la valorisation de ce patrimoine culturel et sa consécration sur les plans de développement et culturel.

En marge de cet évènement, deux expositions sur les « Caractéristiques de la culture hassani, entre conservation et créativité » et « Cent livres et ouvrages sur le Maroc saharien, l’espace et l’homme » ont été organisées, afin de mettre en avant les productions patrimoniales matérielles et immatérielles de la culture hassani, avec la participation des institutions publiques concernées et des créateurs locaux.